Police judiciaire

Attributions - Police scientifique IRCGN - STRJD (Recherches judiciaires) - CNFPJ - Offices centraux - La gendarmerie et la lutte contre la cybercriminalité

Attributions

Face à la délinquance qui évolue dans sa forme, ses lieux d’application et la typologie de ses auteurs, la gendarmerie nationale, tout en participant activement aux démarches partenariales avec les autres acteurs de la sécurité, a entrepris de faire évoluer son dispositif et ses modes d’action :

• en adaptant le maillage territorial et les effectifs aux évolutions démographiques et socio-économiques ;
• en développant un nouveau concept de proximité permettant de tirer le meilleur parti des avantages liés à la répartition des effectifs dans les brigades implantées sur l’ensemble du territoire, tout en limitant les inconvénients liés à cette dispersion. Le concept nouveau de « communauté de brigades » correspond à des priorités qui permettent à des unités voisines de coordonner étroitement leurs activités, et d’améliorer ainsi la réactivité de la gendarmerie en augmentant le temps consacré au service de proximité et de contact ;
• en renforçant les capacités d’investigation des enquêteurs par l’élargissement du réseau des unités de recherches, la dotation de moyens modernes de polices technique et scientifique ainsi que l’analyse criminelle et, pour les affaires liées à la criminalité organisée, par la mise sur pied de cellules d’enquête ;
• en s’impliquant avec l’ensemble des services répressifs dans la constitution des groupes d’interventions régionaux (GIR) chargés de lutter contre les filières organisées de l’économie souterraine. Pour lutter contre le phénomène des « raids », la cellule interministérielle de liaison sur la délinquance itinérante (CILDI), implantée au fort de Rosny-sous-Bois (93), a été transformée en office central en 2004.
La mise en oeuvre de la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure permet à la gendarmerie de disposer d’effectifs supplémentaires et de moyens matériels accrus. Les nouveaux moyens juridiques qui en découlent permettent de restaurer l’autorité de l’État et de renforcer l’efficacité des investigations.

Police scientifique - IRCGN

SERVIR LES INTÉRÊTS DE LA JUSTICE ET DES UNITÉS :

Si autrefois le témoignage et l’aveu suffisaient à emporter la conviction des magistrats et des jurés, depuis quelques années, la «preuve scientifique» est devenue un élément incontournable de l’enquête criminelle.

Tirant parti de cette évolution, la gendarmerie s’est dotée d’une structure qui, s’appuyant sur les techniciens d’identification criminelle chargés de prélever des indices sur le terrain, a été coiffée en 1987 par une unité dont la vocation principale consiste en l’analyse de ces prélèvements. Cette unité est l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), implantée à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

MISSIONS :

L’Institut a reçu de la direction générale de la gendarmerie nationale quatre missions principales :

- Effectuer, à la demande des unités et des magistrats, les examens scientifiques ou les expertises nécessaires à la conduite des enquêtes judiciaires.
- Apporter en cas de besoin aux directeurs d’enquêtes, le soutien nécessaire au bon déroulement des constatations, principalement par la mise à leur disposition de personnel hautement qualifié disposant de matériels adaptés et spécialisés.
- Concourir directement à la formation des techniciens en identification criminelle et à l’information des enquêteurs.
- Poursuivre dans tous les domaines de la criminalistique les recherches nécessaires au développement des matériels et des techniques d’investigation criminelle.

STRJD (Recherches judiciaires)

Créé sous son appellation actuelle le 28 avril 1976, le Service Technique de Recherches Judiciaires et de Documentation (STRJD) est un organisme central de police judiciaire dont la compétence s’étend sur l’ensemble du territoire national métropolitain et outremer.

Puisant ses origines dans le premier fichier manuel de recherches créé à Versailles en 1932, le STRJD centralise et exploite à Rosny sous Bois les informations judiciaires qui lui sont transmises par l’ensemble des unités de la gendarmerie nationale relatives aux crimes et délits ainsi qu’aux recherches de personnes et de véhicules.

Véritable mémoire vivante à la disposition des enquêteurs, il doit en outre mettre en relation les unités dont il découvre qu’elles sont confrontées à un même phénomène criminel (homicides, vols à main armée, traite des êtres humains, agressions sexuelles, délinquance économique et financière, trafics de stupéfiants ou d’objets d’art ou d’automobiles ou d’embarcations, etc.) et se place ainsi directement au centre des activités judiciaires de la gendarmerie nationale en identifiant, au sein de la masse des renseignements criminels détenus, les auteurs d’infractions susceptibles de correspondre à un signalement donné ou de s’être fait connaître par une manière particulière d’opérer. Il entretient également des relations avec de multiples acteurs publics (police nationale, douanes, Interpol, Europol etc.) ou privés (associations de victimes, constructeurs automobiles centres de recherches etc.), nationaux ou internationaux. A ce titre, il est un acteur incontournable des enquêtes judiciaires de l’action duquel dépend une part significative des résultats de la gendarmerie dans ce domaine.

Acteur proactif de la police judiciaire, le STRJD est en perpétuelle évolution pour au mieux anticiper, au pire s’adapter aux nouveaux modes d’action des délinquants et au développement technologique, afin de répondre avec pertinence aux besoins des enquêteurs de terrain. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, le STRJD s’est vu confier la police du réseau Internet et la lutte contre toutes les formes de cybercriminalité.

(pédopornographie, escroqueries, contrefaçons, racisme et xénophobie, etc.). Engagé depuis 1994 dans la mise en œuvre du programme d’analyse criminelle de la gendarmerie nationale, le STRJD est devenu aujourd’hui la référence nationale en la matière et le centre ressources des quelques 450 analystes criminels répartis sur l’ensemble du territoire national.

CNFPJ

Situé au sein de l'école de gendarmerie de Fontainebleau, le Centre National de Formation de Police Judiciaire est né de la nécessité de donner une formation continue aux officiers et sous-officiers de gendarmerie ayant une activité de police judiciaire.

Les objectifs du centre :

- Affirmer le caractère de service public de la mission de police judiciaire.
- Dispenser un enseignement adapté et évolutif pour lutter contre la délinquance de proximité, nationale, ou internationale.
- Participer à la mise en place dans les groupements d'une politique préventive de la délinquance.
- Dispenser aux officiers engagés judiciairement un enseignement adapté aux différents niveaux de commandement.
- Etre reconnu au sein des institutions d'enseignement nationales et européennes, en multipliant les échanges interministériels et internationaux.

L'évolution de la délinquance, les progrès technologiques et scientifiques, l'adaptation de la législation dans un contexte national et international impliquent une évolution constante de la formation :

Il en est ainsi pour :

- la prévention de la délinquance juvénile et de l'audition du mineur,
- la prise en compte des volets économiques, financiers, et du recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication par les délinquants,
- l'évolution des techniques d'identification criminelle, et des atteintes au droit de l'environnement,
- le perfectionnement des différents acteurs de la chaîne police judiciaire affectés dans les unités élémentaires et spécialisées.

Le centre propose plus de trente formations suivies par près de 3000 stagiaires par an réparties dans cinq domaines d'enseignement. Nous vous proposons trois exemples de formation.

Offices centraux

OCLTI :

Le 16 mai 2005, monsieur Dominique de VILLEPIN, ministre de l'Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, madame Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de la Défense et monsieur Gérard LARCHER, ministre délégué aux Relations du travail, ont inauguré le nouvel Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Présentation !

Le gouvernement ayant fait de la lutte contre le travail illégal une priorité, il a été décidé de créer un office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) et de le confier à la gendarmerie nationale.

Cet office central de police judiciaire aura pour domaine de compétence la lutte contre les infractions relatives au travail illégal sous toutes ses formes et travaillera en synergie avec l’Office central pour la répression de l’immigration illégale et de l’emploi des étrangers sans titre (OCRIEST) et la délégation interministérielle à la lutte contre le travail illégal (Dilti) qui conserve toutes ses attributions en matière de formation, d’animation des Comités opérationnels de lutte contre le travail illégal (Colti) et d’exploration de la réglementation.

Une cellule composée de six militaires (2 officiers et 4 sous-officiers) est mise en place, dès le mois de mai 2005, en tant qu’élément précurseur chargé d’organiser la montée en puissance progressive de l'office en 2006 et 2007. A terme, cet office sera composé d'une trentaine de personnes issues de la gendarmerie nationale (qui fournira le noyau principal : 20 militaires) ainsi que des autres ministères impliqués dans cette action : police nationale (plusieurs policiers dont un commissaire adjoint au chef d’Office), ministère du travail (inspecteur URSSAF), ministère de l’économie et des finances (inspecteurs Impôts et Douanes), ministère des transports (attaché des transports terrestres.)

L'élément précurseur de la gendarmerie nationale a pour mission de préparer la montée en puissance de l’Office, en prenant notamment les contacts nécessaires avec les administrations partenaires et en réalisant une évaluation exhaustive du besoin afin d’identifier clairement la plus-value future que pourra apporter l’Office central aux unités. Il occupera provisoirement des locaux situés à ROSNY-SOUS-BOIS (Seine-Saint-Denis) avant son installation prévue à Arcueil dans le courant du premier semestre 2006.

OCLAESP :

L’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) est rattachée à la sous-direction de la police judiciaire de la direction générale de la gendarmerie nationale. Cette structure a pour domaine de compétence la lutte contre les infractions liées à l’environnement et à la santé publique, à l’exception des matières relevant spécifiquement de l’office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants et de celui chargé de la répression du trafic des armes, munitions, des produits explosifs et des matières nucléaires.

Cinq grandes missions lui ont été attribuées :

- animer et coordonner, à l’échelon national et au plan opérationnel, les investigations de police judiciaire relatives aux infractions entrant dans son domaine de compétence ;
- observer et étudier les comportements les plus caractéristiques des auteurs et complices ;
- centraliser les informations relatives à cette forme de délinquance en favorisant leur meilleure circulation ;
- assister les unités de la gendarmerie nationale et les services de la police nationale, ainsi que ceux de tous les autres ministères intéressés ;
- participer dans son domaine de compétence à des actions de formation et d’information.

Cet office central interviendra :

- à la demande des autorités judiciaires lorsque la désignation de l’office apparaît nécessaire ;
- à la demande des unités de gendarmerie, des services de la police et des directions des autres ministères concernés ;
- d’initiative, chaque fois que les circonstances l’exigent.

Point de contact entre l’ensemble des ministères et des services concernés, l’office facilitera l’animation et la coordination des différents acteurs chargés de lutter contre ces deux types contentieux. Grâce à une habilitation judiciaire sur l’ensemble du territoire, l’action de ses enquêteurs sera facilitée. Enfin, au plan des relations internationales, l’office sera en relation avec les services d’Interpol ou d’Europol, ainsi qu’avec les correspondants des services de police européens chargés des affaires judiciaires entrant dans ses domaines de compétence.

Installé à Arcueil (94), cet office central a commencé à accueillir les premiers représentants de la gendarmerie avec l’affectation de seize militaires, officiers et sous-officiers.
En outre, des représentants des autres ministères devraient se joindre aux personnels de la gendarmerie. Il est en effet prévu que l’adjoint au chef de l’office soit un représentant de la police nationale et que des agents des autres services de l’Etat chargés de lutter contre les infractions graves à l’environnement et à la santé publique concourent au fonctionnement de cette structure centrale.
Ainsi, grâce à une meilleure synergie de l’ensemble des départements ministériels concernés, l’efficacité des services de l’Etat s’en trouvera notablement renforcée.

OCLDI :

Héritier de la Cildi, l’Office Central de Lutte contre la Délinquance Itinérante (OCLDI) est rattaché à la sous-direction de la police judiciaire de la direction générale de la gendarmerie nationale. Il est Installé sur le site d’Arcueil tout comme l’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP).

L’office central de lutte contre la délinquance itinérante, qui dispose de groupes d’enquête à compétence nationale, est plus particulièrement chargé du démantèlement des réseaux structurés de criminels et délinquants itinérants. Agissant en concours des unités de gendarmerie et des services de police, d’initiative ou sur saisine des magistrats, l’office est en mesure d’apporter une aide et une expertise aux unités.

Dans son domaine de compétence, il constitue pour la France le point de contact central dans les échanges internationaux, entretenant des liaisons opérationnelles avec les services spécialisés des autres Etats et avec les organismes internationaux en étroite collaboration avec les services concernés de la Direction Centrale de la Police Judiciaire.

Dirigé par un colonel de gendarmerie qui a pour adjoint un commissaire de police cet office, à l’effectif réalisé de 35 officiers et sous-officiers, sera prochainement renforcé par des policiers (présence actuelle d’un capitaine de police). A temps partiel deux fonctionnaires, l’un des douanes et l’autre des services fiscaux travaillent actuellement à son profit.

La gendarmerie et la lutte contre la cybercriminalité

Le 13 avril, Monsieur Thierry BRETON, ministre de l’Economie, des finances et de l’industrie, et Monsieur Dominique de VILLEPIN, ministre de l’Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, se sont réunis place Beauvau pour examiner les moyens de lutte contre la cybercriminalité.

La Gendarmerie nationale s’est engagée résolument ces dernières années, dans la lutte contre les nouvelles formes de criminalité, en rapport notamment avec l’utilisation de l’Internet. Cette nouvelle typologie de crimes et de délits a nécessité la mise en place aux niveaux central et territorial de formations et de moyens spécifiques.
La réussite de la montée en puissance de ces unités conditionne grandement la capacité générale de la gendarmerie, en matière de cybercriminalité, à remplir avec efficacité et synergie sa mission à tous les échelons.

Au niveau central

Dès 1998, la Gendarmerie nationale a identifié l’enjeu que représentent les nouvelles technologies en mettant en place des structures et des formations adaptées :

• Département cybercriminalité du service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD).
Il assure la surveillance du réseau en recherchant les infractions portant atteinte aux personnes et aux biens et relatives à la transmission de données à caractère illicite sur Internet (sites, les « Internet Relay Chat», les newsgroups, les réseaux d’échanges communautaires, le peer to peer).

• Département informatique et électronique de l’institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN).
Il développe des méthodes, des outils et des logiciels permettant de détecter automatiquement des images pédophiles connues ou d’extraire des données.

• Plus récemment, en octobre 2003, la gendarmerie s’est vue confier la charge de mettre en œuvre à Rosny-sous-Bois, le centre national d’images pédopornographiques (CNAIP) en collaboration avec la Police nationale.
Elle collecte et classe dans une base de données toutes les images (à ce jour plus de 470 000) et vidéos saisies au cours des enquêtes judiciaires, assiste les enquêteurs lors de saisies importantes et effectue des rapprochements judiciaires d’initiative ou à la demande des unités.

• Depuis 2002, la gendarmerie a mis en place une formation spécifique dans le domaine des nouvelles technologies au profit d’enquêteurs spécialisés, dénommés N-TECH, affectés en unités de recherches. Cette formation est dispensée au centre national de formation de police judiciaire (CNFPJ) situé à Fontainebleau. A l’issue de leur formation, les stagiaires rejoignent leur unité avec un matériel spécifique, dénommé « lot enquêteur ».

A raison de 30 enquêteurs formés chaque année, la gendarmerie disposera fin 2007 de 170 enquêteurs spécialisés au sein des unités dédiées de la chaîne territoriale. Actuellement, 90 gendarmes N-TECH sont en fonction.

Au niveau de la chaîne territoriale

Les unités territoriales et de recherches :

Dès lors qu’ils sont confrontés à ce type d’infractions, les enquêteurs des unités territoriales, qui sont des généralistes, bénéficient du concours des spécialistes des unités de recherches spécifiquement formés dans le domaine des technologies liées à la cybercriminalité.
Dans les brigades de recherches (BR), les enquêteurs N-TECH, formés au CNFPJ, prennent en charge l’aspect technique des investigations judiciaires.
Les sections de recherches (SR), traitent des infractions spécifiques concernant les atteintes aux systèmes d’information. S’agissant d’Internet, ces unités ont vocation à exercer une surveillance ciblée du réseau en liaison avec le STRJD.

Les Brigades Départementales de Renseignements et d’Investigations Judiciaires (BDRIJ) :

Implantées au chef-lieu du département, elles constituent le pôle criminalistique départemental de la Gendarmerie nationale. La concentration des effectifs de techniciens en criminalistique (techniciens en investigations criminelles, N-TECH, analyse criminelle…) dans ces unités favorise les échanges d’expériences techniques et la pérennisation des savoir-faire et des compétences.