Sécurité Routière

La sécurité routière en zone gendarmerie
La gendarmerie nationale est responsable de la
surveillance de lessentiel du réseau des routes de rase
campagne, où la gravité des accidents est la plus élevée.
Investie de cette responsabilité, son rôle est demployer
toutes les prérogatives que la loi lui confère et tous les
moyens dont elle dispose pour faire baisser le chiffre des
accidents, personnes tuées et blessées.
Les contrôles, effectués par les unités territoriales et
spécialisées, ont pour objet de dissuader les mauvais
comportements, sinon de les déceler et de les sanctionner afin
de protéger les autres usagers.
Ces contrôles sont souvent orientés dans les domaines qui
suscitent le plus de pertes humaines : infractions graves,
usagers vulnérables, situations à risque
Avant de les présenter, il est intéressant de faire un point densemble
de la situation en zone gendarmerie.
Un bilan positif dans les zones
couvertes par la gendarmerie
A la suite de limpulsion donnée par le président de la
République le 14 juillet 2002, la gendarmerie a réorganisé son
dispositif, développé le recours aux moyens banalisés et
aériens et intensifié son activité.
En effet, les gendarmes surveillent lessentiel du réseau
très vaste des routes de rase campagne, sur lesquelles la
vitesse excessive est trop souvent synonyme daccident très
grave : 76% des personnes tuées pour 52% du trafic. Les
militaires des unités spécialisées dans la sécurité
routière et des brigades territoriales, régulièrement soutenus
entre autres par des renforts de gendarmerie mobile ou des
réservistes de gendarmerie, se sont donc concentrés sur le
dramatique chiffre des 5 361 personnes tuées en 2002 dans leur
zone.
Leur implication a été décisive : en 2004, ils ont consacré
près de 10 millions dheures de travail à la sécurité
routière (+ 16,7% par rapport à 2002)
En 2004, le corollaire est le recul du chiffre des personnes
décédées : la gendarmerie a enregistré 3 921 personnes tuées
soit 1 440 vies sauvées pour lannée. Cette baisse se
confirme sur les premiers mois de lannée 2005.
Cependant, ces résultats ne peuvent occulter le fait que 14
personnes meurent encore quotidiennement sur nos routes, sans
compter les 300 blessés dont certains garderont de terribles
séquelles toute leur vie. De nouveaux progrès doivent par
conséquent être réalisés.
Les domaines où la gendarmerie
poursuit ou intensifie son effort
Forte de plus de 70 000 militaires répartis sur le territoire
national, la gendarmerie départementale produit des analyses
statistiques détaillées de laccidentologie. Ces outils,
qui servent aux études des autres grands services de lEtat,
notamment de lobservatoire interministériel de la
sécurité routière (cliquer sur le lien externe, en bas de la
page), permettent davoir une vision assez précise des
domaines à risque et donc des efforts à mener.
1- Les infractions
graves
Laction menée dans le domaine de la vitesse a commencé à
porter ses fruits. En effet, il sagit du principal facteur
d'accident et de son éventuelle aggravation : près de 50% de
ceux-ci sont dus à la vitesse.
La gendarmerie met en uvre différents modes de contrôle :
les radars embarqués du contrôle automatisé envoient les
informations automatiquement à un centre national de traitement
à Rennes ; des contrôles sont réalisés avec interception à laide
de jumelles laser.
La lutte contre la conduite sous lemprise dalcool,
responsable de 31% des accidents mortels en 2004, a été
renforcée et la recherche de lusage des produits
stupéfiants par les conducteurs se systématise. Ces deux
phénomènes conjoints sont relevés dans 10% au moins des
accidents graves.
La gendarmerie dispose désormais déthylotests
électroniques (pour déceler la présence dalcool) et déthylomètres
embarqués qui permettent de la mesurer légalement. En cas dinfraction,
les gendarmes peuvent confisquer sur-le-champ le permis de
conduire voire immobiliser le véhicule.
2- Le réseau
secondaire
Le réseau secondaire reste le plus dangereux, avec 76% des
personnes tuées pour 52% du trafic. La gendarmerie déploie des
moyens de contrôle spécifiques dans les unités élémentaires
: en 2006, les unités disposeront de 1 400 jumelles à visée
laser et 10 200 éthylotests électroniques.
3- Les catégories
dusagers les plus en danger
Les deux-roues constituent lun des principaux sujets dinquiétude.
Ainsi, en 2004, les motocyclistes représentaient 1% du trafic
mais 15,6 % des personnes décédées. En 2005, les chiffres des
personnes tuées et blessées chez les conducteurs de deux-roues
motorisés sont en augmentation régulière.
Cette catégorie dusagers est non seulement vulnérable,
mais malheureusement parfois nécoute pas suffisamment les
conseils de prudence. La gendarmerie va donc intensifier ses
actions de prévention mais aussi de contrôle : conformité des
véhicules, permis et formation adaptés, plaques lisibles,
vitesses respectées, visibilité et protection des pilotes, etc.
La gendarmerie met en uvre de nouveaux modes daction
: contrôle de la vitesse par larrière, action en civil,
détection du débridage, etc.
Bonne nouvelle : les Français portent de plus en plus les
casques et les ceintures, même si, avec les beaux jours ainsi
que sur les petits trajets, pourtant lourds en accidents,
réapparaissent des comportements irresponsables : plus de 500
vies pourraient être sauvées avec ce seul geste de prudence.
Les jeunes adultes (15 à 24 ans) forment 13% de la population
mais représentent 27,6% des personnes tuées sur la route. La
gendarmerie, outre les actions de prévention, renforce sa
présence sur les lieux et dans les périodes à risque,
notamment en fin de semaine et aux abords des lieux festifs.
En outre, la gendarmerie consacre également une part
significative de son activité à des problématiques plus
spécifiques dont la vérification des transports scolaires, le
respect de la réglementation européenne par les poids-lourds ou
le contrôle des conducteurs étrangers avec ses voisins
policiers européens.
L'escadron départemental de sécurité routière (EDSR)
Lescadron départemental de sécurité routière (EDSR) regroupe toutes les unités de la gendarmerie dun même département qui ont pour mission essentielle de lutter contre linsécurité routière.
I - Composition
LEDSR est composé
dun groupe de commandement sous les ordres dun
officier de gendarmerie et dunités spécialisées aux
compétences variant selon les caractéristiques du réseau
routier.
- des brigades motorisées ;
- des pelotons dautoroute ;
- des brigades motorisées autoroutières ;
- des brigades rapides dintervention.
II - Missions
Le groupe de commandement
est implanté au chef lieu du département. Lofficier
placé à sa tête a pour rôle dorienter et de contrôler
laction des unités de lEDSR.
Les brigades motorisées (Bmo) assurent les missions de
circulation et de sécurité routières sur le réseau routier du
département dont la responsabilité est confiée à la
gendarmerie. Elles ont vocation à exercer leur activité en
priorité sur les axes les plus importants. Leurs modalités
dintervention sont variées : surveillance du trafic,
police de la circulation et des transports, escortes, éducation
des jeunes, information des usagers de la route, etc.
Les pelotons dautoroute (PA) sont des unités
prioritairement dédiées à lexécution des missions de
police sur les axes autoroutiers. Leur compétence territoriale
peut sétendre sur le ruban autoroutier quils
surveillent, au-delà des limites de leur département. Leurs
moyens sont adaptés de façon à disposer dune capacité
permanente dintervention en toute sécurité sur
lautoroute.
Les brigades motorisées autoroutières (BMA) assurent
prioritairement leurs missions sur les voies express. Les
missions et les équipements de ces unités sont identiques à
ceux des PA.
Les brigades rapides dintervention (BRI) complètent
et renforcent la surveillance exercée sur le réseau
autoroutier. Leur action est orientée vers la recherche
dinfractions difficiles à relever autrement que dans le
flot de circulation : interception de véhicules se déplaçant
à des vitesses très élevées, changement irrégulier de file,
non-respect des distances de sécurité, etc. Elles disposent de
voitures rapides dintervention (VRI) pilotées par des
personnels chevronnés qui suivent des stages réguliers. Les VRI
peuvent opérer en liaison avec les hélicoptères de la
gendarmerie et sont parfois utilisées pour des transports
dorganes.
Outre les motocyclettes et les VRI qui les distinguent des autres
unités de la gendarmerie départementale, les unités
spécialisées disposent également de moyens adaptés à la
nature de leurs missions :
- véhicules banalisés (voitures ou motocyclettes) pour se
fondre dans la circulation et déceler des infractions graves ;
- radars embarqués couplés à des appareils photos ;
- équipements de mesure des nuisances (bruit, fumée, gaz).