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Missions

Contribution des forces maritimes

La marine nationale contribue par des actions militaires et civiles au besoin global de sécurité dans l'espace aéromaritime. Ces orientations s’inscrivent dans la continuité des analyses politiques et stratégiques du Livre blanc sur la défense de 1994, récemment actualisées par la loi de programmation militaire 2003-2008. Elles prennent en compte le retour d'expérience des opérations menées ces dernières années, notamment au Kosovo et en Afghanistan (opération Héraclès en 2001-2002). Elles découlent également des besoins de la construction de l’Europe de la défense et des nécessités de la lutte contre le terrorisme international et les trafics divers.

La paix dans certaines régions d'Europe demeure fragile et hors du continent, les conflits rythment de façon sporadique la marche du monde. La menace terroriste fait peser une menace permanente et directe sur les intérêts nationaux et ceux des alliés. La série d'attentats anti-occidentaux, dont le 11 septembre 2001 constitue la référence emblématique, en est une illustration dramatique.

Cet environnement stratégique transformé nécessite de défendre les intérêts vitaux du pays et d'agir le plus tôt possible -et donc parfois le plus loin- dans un cadre le plus souvent interallié et prioritairement européen. C’est pourquoi les contributions de la marine nationale s’organisent autour de fonctions opérationnelles découlant des quatre fonctions stratégiques -dissuasion, protection, prévention et projection- les deux dernières étant rassemblées sous le même vocable d'action opérationnelle :

  • la dissuasion, fondement de la stratégie de défense de la France, garante de la protection de nos intérêts vitaux;

  • l’action opérationnelle qui rassemble les missions de prévention permettant de prévenir le développement de situations de crise ou de conflit et les missions de projection de puissance ou de forces ;

  • la sauvegarde maritime qui assure la défense du territoire à partir de la mer et contribue à la protection des intérêts de la France, en mer et à partir de la mer.

La marine nationale et l'Europe

L’action de la marine est et sera de plus en plus intégrée dans une série d’engagements opérationnels avec les partenaires européens. Au conseil européen d’Helsinki en 1999, les quinze États membres se sont fixés comme objectif la capacité de projeter une force comprenant le cas échéant des éléments navals.
Dans le domaine naval, la France a présenté une contribution importante afin d’apporter un concours opérationnel suffisant pour :

  • maîtriser l’information dans l’environnement maritime avec, en particulier, des aéronefs de patrouille maritime, des frégates antiaériennes et des Hawkeye;

  • participer au déroulement des opérations avec les structures de commandement, le groupe aéronaval articulé autour du porte-avions, de son groupe aérien, de son escorte de frégates, d’un sous-marin nucléaire d’attaque, et des moyens amphibies.

Par ailleurs, elle participe à l’Euromarfor, l’Espagne, l’Italie et le Portugal, et à la force franco-allemande. L’Euromarfor est engagée en océan Indien et en mer Rouge depuis février 2002 dans le cadre de l'opération Enduring Freedom. La FNFA a participé à cette même mission pendant l'été 2003.

Dans le domaine de l’armement, la marine apporte une contribution déterminante à l’essor d’une Europe de l’armement par la voie de coopérations bilatérales ou multilatérales (FMM, Horizon, NH-90) et de l’organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR qui regroupe le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et la France) en particulier pour le système de défense aérienne.

L'engagement au sein de l'OTAN

La transformation de l’OTAN a été décidée au sommet de Prague, en novembre 2002 pour adapter l’Alliance au nouvel environnement stratégique. La France participe activement à cette transformation qui repose sur deux piliers.
- La «Transformation», organisée par le commandement allié pour la transformation, est un processus d’adaptation permanente et complète des concepts, des doctrines, de l’instruction et des capacités de l’OTAN.
- La NRF («NATO Response Force») est une capacité de réaction rapide interarmées et multinationale, forte de 30 000 hommes dont la France est parmi les premiers contributeurs depuis sa création le 15 octobre 2003.

Dans ce cadre, il a été décidé le 4 février 2004 au conseil de l’Atlantique-Nord que des militaires français (environ 110 personnes dont deux officiers généraux) participeront aux différents états-majors de l’OTAN concernés par ces deux initiatives.

La France a, de plus, développé dans le cadre de la NRF, des états-majors tactiques de réaction rapide pour chaque composante d’armées. Pour la marine, cet état major, HRF(M) HQ (High Readiness Force Maritime Headquarters), qui comprendra 85 officiers et officiers mariniers (plan d’armement paix), est en cours d’établissement à partir de la division conduite des forces d’ALFAN. Il sera certifié par l’OTAN et pleinement opérationnel au début de l’année 2006.

Dissuasion

“Notre dissuasion garantit, en premier lieu, que la survie de la France ne sera jamais mise en cause par une puissance majeure animée d’intentions hostiles et prête à recourir à tous les moyens pour les concrétiser [...] la dissuasion doit également permettre de faire face aux menaces que pourraient faire peser sur nos intérêts vitaux des puissances régionales dotées d’armes de destruction massive”

La stratégie de dissuasion reste au cœur de la défense nationale. Pour faire face aux nouvelles menaces, la doctrine nucléaire a été adaptée, dans le cadre maintenu d’une politique de non-emploi. Cette capacité nucléaire repose sur :
- des missiles balistiques équipant les sous-marins de la force océanique stratégique (FOST) ;
- des missiles à trajectoire aérobie pour la composante aéroportée dont font partie les avions de l’armée de l’air et de l’aviation navale.

Avec les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) et les avions Super-Etendard, la marine est aujourd'hui dépositaire de 85% des têtes nucléaires françaises.

Pour assurer la sûreté de la FOST, une part importante des moyens de la marine est consacrée au soutien direct ou indirect des SNLE : sous-marins nucléaires d'attaque, frégates de lutte anti-sous-marine, avions de patrouille maritime, moyens de guerre des mines et dispositif général de sûreté et de sauvegarde maritime.

Outre la composante sous-marine, les armes nucléaires aéroportées participent à la mission de dissuasion avec toute la souplesse d'emploi que procure le porte-avions. Au Super Etendard équipé du missile ASMP (air-sol moyenne portée) succédera à terme le Rafale équipé de l'ASMPA (air/sol moyenne portée amélioré).

Intervenir

Avec plus de 25 navires basés ou déployés loin de la métropole et sur toutes les mers du monde, la Marine exerce une vigilance indispensable à la France pour prévenir les crises qui peuvent survenir en tout point du globe. Cette dimension océanique permet à la Marine de recueillir des informations de manière permanente, au plus proche des sources. Ce travail préliminaire à l'action est fondamental. Sans lui, comment se déploie-t-on ? Comment évalue-t-on les forces et attitudes de l'adversaire ?

La prévention : un contrôle des espaces maritimes fondée sur une présence et des capacités à niveau approprié.

La marine exerce ainsi une posture vigilante permanente :
- en Atlantique Nord, point de convergence des approvisionnements français;
- en Méditerranée, lien entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient;
- en océan Indien, nœud de communications maritimes et stratégiques;
- d’une manière générale, partout où la France a des intérêts, en particulier dans ses départements et territoires d’outre-mer, ainsi que dans ses zones économiques exclusives où les droits d’exploitation reconnus à l’État doivent être protégés.

Le dispositif prépositionné en permanence hors de la métropole, qui peut être renforcé par des forces projetées de métropole, est composé de bâtiments de souveraineté (frégates de surveillance, bâtiments de transport léger et patrouilleurs). Ces unités mènent également des activités liées aux accords de coopération avec des nations amies ou alliées et remplissent des missions humanitaires.

Un prépositionnement de moyens aéro-maritimes, modulables en volume, est assuré dans les zones de crise potentielle. Il s’agit ainsi de manifester l’intention de la France de contribuer au contrôle de la crise, en se réservant l’éventualité d’une montée en puissance pouvant aller jusqu’au déploiement de forces de projection et, notamment, d’un groupe aéronaval ou d’un groupe amphibie.

Par exemple, en océan Indien, zone aujourd'hui cruciale, la France dispose en permanence d'au moins 8 navires, des ravitailleurs de 400 tonnes au bâtiment de commandement et de ravitaillement de 18 000 tonnes. Ils naviguent de la mer d'Arabie jusqu'au cinquantième hurlants des Kerguelen. Lorsque la tension croît, d'autres navires sont déployés en renfort pour assurer les missions de prévention et de vigilance.

La projection : une capacité d’action puissante contre la terre

Lorsque les actions de prévention n'ont pas prévenu le déclenchement d'une crise, il peut devenir nécessaire d'intervenir directement. Cette capacité de projection de la marine s'inscrit le plus souvent dans un cadre interamées et international. Libres de se déplacer sans entrave dans les eaux internationales, les forces maritimes permettent de participer à la gestion des crises.L’opération Héraclès de lutte contre le terrorisme dans le nord de l'océan Indien ou l'opération Licorne de transport de forces de renfort en Côte d'Ivoire fin 2002 sont des exemples récents de projection de puissance et de force. L’engagement peut varier de la simple présence à la démonstration de force, avec des actions de rétorsion où les armes modernes de précision tirées à grande distance donnent un avantage politique et militaire déterminant. Ces forces maritimes constituent également le moyen essentiel du déploiement de forces à terre dans un environnement maîtrisé.

Les principaux acteurs de ces forces sont :

  • le groupe aéronaval (porte-avions et bâtiments d'accompagnement) dont la souplesse d’emploi permet une large gamme d’opérations aéronavales ou d’action vers la terre

  • le groupe amphibie (bâtiments amphibies porteurs d'hélicoptères, bâtiments de soutien et proctection), articulé autour des bâtiments amphibies porteurs d’hélicoptères, de divers moyens de mise à terre des premiers éléments d’une force et de bâtiments de soutien et protection

  • le groupe de chasse aux mines, constitué de chasseurs de mines autour d'un bâtiment de commandement et de soutien, indispensable pour ouvrir l’accès à un port ou assurer la liberté de la navigation maritime dans les eaux internationales.

Les moyens navals ont été parmi les premiers à intervenir dans la lutte contre le terrorisme international en Afghanistan, malgré une situation géographique enclavée du théâtre d'opéartions. C'est une opération majeure pour la marine : 32 navires, 2 sous-marins, 9 flottilles de l'aviation navale, des commandos marine. 6 000 marins ont participé de près ou de loin à la mission Héraclès qui a duré 7 mois.
C'est aussi le premier engagement opérationnel du Charles de Gaulle dont les avions ont effectué 777 missions au-dessus de l'Afghanistan. Pendant cette mission, le porte-avions a parcouru l'équivalent de trois fois le tour de la terre.

Sauvegarder

Face à la multiplication des trafics illicites sur mer (terrorisme, narcotrafic, piraterie, transport illicite de migrants), comme aux risques traditionnels des activités maritimes (accidents de mer, pollution, etc), la mission de sauvegarde des approches vise à assurer la protection des approches maritimes, du territoire national, exercer la pleine souveraineté dans les eaux territoriales et maîtriser les risques liés à l’activité maritime.

“Nos frontières de sécurité ne coïncident plus avec nos frontières géographiques. Elles vont bien au-delà et bien au deçà, là où s’exerce la menace terroriste”.
( Discours du Premier ministre à l’IHEDN, le 14 octobre 2002. )

La marine met donc en œuvre un dispositif de surveillance et d’intervention, dense sur les côtes et étendu au large, permettant de prévenir ou traiter une large gamme de menaces, risques ou infractions se déroulant en mer ou provenant de la mer.

Cette posture permanente de sauvegarde repose sur trois piliers :

  • le renseignement d’intérêt maritime qui procède de coopérations inter-administrations et internationales;

  • un réseau d’information et une capacité d’action continus constitués par des sémaphores sur le littoral, des patrouilles maritimes régulières de navires et d’aéronefs exécutées en collaboration avec d’autres administrations, des déploiements réguliers au large en coordination avec nos alliés;

  • la chaîne de préparation et de conduite des opérations, qui soutient l'action dirigée par le spréfets maritimes ou les délégués du gouvernement outre-mer.

Des côtes...
Aux côtés des autres administrations qui agissent en mer (Affaires maritimes, Douanes, Gendarmerie, Sécurité civile...), la Marine participe aux missions d'assistance aux navires et de sauvetage en mer, de prévention et de lutte contre les pollutions, de protection des ressources et de surveillance des pêches, d'hydrographie et d'information nautique. Dès le temps de paix, la Marine y consacre en permanence une part importante de ses moyens puisque ces missions représentent 25% de son activité.

... jusqu'au large
De nouvelles menaces viennent de la mer, elles représentent de vrais rsiques de déstabilisation de nos sociétés. Les trafics illicites, notamment celui de la drogue mais également, depuis le 11 septembre 2001, le volet maritime de la menace terroriste. Faire face à cet ensemble de menaces et de risques de toutes natures appelle le plus souvent l'emploi de capacités et de modes d'action militaire dès la haute mer. La Marine adapte donc aujourd'hui ses moyens et ses missions à ces nouvelles menaces afin de les prendre en compte à leurs sources, même éloignées de notre territoire.

En juillet 2001, la frégate Ventôse intercepte le Carolina qui transporte 1,8 tonnes de cocaïne destinée à l'Europe. En juin 2002, c'est le Winner au large du Sénégal ; en décembre de la même année, c'est le Ciclon avec un chargement équivalent.

Le préfet maritime

Institution originale et spécifiquement française, le préfet maritime est un préfet de la mer, autorité civile, représentant du gouvernement et rattaché au Premier ministre par l’intermédiaire du Secrétariat général de la mer.

Ce poste est confié à l’officier général de marine exerçant par ailleurs la fonction militaire de commandant de zone ou d’arrondissement maritime. Ainsi, la préfecture maritime bénéficie au quotidien de l’indispensable soutien des moyens de commandement et d’action de la marine.

Il existe trois préfectures maritimes (Toulon pour la Méditerranée, Brest pour l’Atlantique, et Cherbourg pour la Manche et la mer du Nord). Outre-mer, cette fonction est confiée à un membre du corps préfectoral, préfet ou haut-commissaire, qui prend alors le titre de “délégué du gouvernement pour l’action de l’État en mer”.

Le préfet maritime détient un pouvoir de police administrative générale en mer. Il y est notamment chargé de la défense des droits souverains et des intérêts de la nation, du maintien de l’ordre public et de la sauvegarde des personnes et des biens. Il coordonne l’action des moyens des administrations en mer et peut en disposer dans l’exercice de ses responsabilités.

La contribution à la solidarité nationale et internationale

Outre les missions de défense ou de sécurité, la marine conduit aussi des actions civiles. Les forces aéromaritimes déployées dans le monde participent à des interventions humanitaires au profit de populations étrangères. Les plongeurs démineurs français ont ainsi assisté les autorités sénégalaises suite au naufrage du ferry Djola (lien) en septembre 2002, et en janvier 2004, des moyens importants (frégates, BCR, bâtiment hydrographique et océanographique) ont contribué au repêchage des boîtes noires du Boing 737 perdu en mer.

En France, le bataillon des marins-pompiers de Marseille remplit de manière permanente une mission de service public : la lutte contre les feux, la recherche de personnes ensevelies et la lutte contre les pollutions. De manière ponctuelle, la marine est sollicitée par la communauté nationale lorsque l’ampleur de la tâche à accomplir l’exige. En 2002 en 2003, la marine a ainsi participé aux missions de sauvetage lors d'inondations dans le Gard. Elle fournit toujours une contribution au plan Vigipirate renforcé.

 
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