Force d'action navale :
Les Forces de surface
Avec 12 000 marins et une centaine de navires ou
bâtiments comme ils sont nommés dans la marine les forces de
surface fournissent le cur de la contribution de la marine
aux missions de prévention et de projection. Elles sont regroupées
au sein de la force daction navale (FAN).
L'amiral commandant la force d'action navale est responsable de
l'organisation, de la disponibilité et de l'entraînement des
forces qu'il tient à disposition du chef d'état-major des armées,
responsable de l'emploi des forces.
Les bâtiments de surface peuvent être classés en sept grandes
catégories :
- le groupe aéronaval autour du porte-avions
- la composante amphibie et ses transports de chalands de débarquement
- les frégates qui assurent la protection des groupes ou opèrent
indépendamment en mission de vigilance et de surveillance
- les bâtiments de guerre des mines
- les bâtiments de souveraineté, déployés outre-mer ou dans
des missions de prévention
- les bâtiments de soutien nécessaires à la permanence dune
force navale à la mer
- les bâtiments de service public et les bâtiments
hydrographiques et océanographiques

Le groupe aéronaval (GAN)
Le groupe aéronaval est le vecteur majeur des missions de
projection menées par la marine. Il participe aussi à la
dissuasion nucléaire par la capacité demport du missile aéroporté
(ASMP) sur le Super-Étendard, et à terme le Rafale. Il
comprend, dans sa version minimale, un porte-avions, une frégate
antiaérienne et un pétrolier-ravitailleur.
Ce groupe peut être renforcé, en cas daccroissement de la
menace, par des frégates antiaériennes et anti-sous-marines, un
sous-marin nucléaire dattaque à propulsion nucléaire en
soutien intégré, voire dautres bâtiments de soutien.
Le groupe aérien (Gaé) du porte-avions peut comporter jusquà
quarante aéronefs : avions Rafale, Hawkeye et Super-Étendard, hélicoptères
Super-Frelon et Dauphin. Sa composition est élaborée en
fonction de la mission du groupe et de lenvironnement
tactique dans lequel il va évoluer, comprenant dans certains cas
des hélicoptères de larmée de lair ou de laviation
légère de larmée de terre.
Le groupe aéronaval, comme toute force navale, reçoit si nécessaire
le soutien direct davions de patrouille maritime Atlantique
à long rayon daction et opérant depuis une base à terre.
Le groupe amphibie
Quatre bâtiments amphibies sont en service dans la marine. Ce
sont des bateaux gigognes, ils embarquent des hélicoptères, des
troupes (jusqu'à 500 personnes), puis les débarquent par les
chalands ou des hélicoptères. La FAN comprend en outre cinq bâtiments
de transport léger stationnés à Fort de France, Toulon,
Papeete, Nouméa et La Réunion.
Acteur essentiel des opérations de projection de forces un
groupe amphibie comprend : un ou plusieurs transports de chalands
de débarquement (TCD) qui emportent des chalands (CDIC, CTM)
dans un radier, pour mettre en uvre un groupement interarmées
composé de troupes, véhicules et hélicoptères un ou plusieurs
bâtiments de transport léger (BATRAL) conçus pour le débarquement
dune compagnie dinfanterie motorisée et capable de
"plager" pour débarquer véhicules et troupes par une
porte détrave des hélicoptères de manuvre de larmée
de terre (Puma ou Cougar : qui participent au débarquement dhommes
et de matériel) et des hélicoptères de combat (Gazelle pour
appuyer les forces embarquées)des forces avancées (commandos de
la marine) chargées de la préparation du débarquement une
composante de guerre des mines si cette menace doit être prise
en compte des unités de larmée de terre chargées de laction
sur le terrain des bâtiments de protection et de soutien.
Les quatre TCD (Ouragan et Orage, Foudre et Siroco) disposent dinstallations
médicales pour conduire des missions sanitaires de grande
envergure (blocs opératoires, salle de traitement des grands brûlés
).
La Foudre et le Siroco ont également la capacité dembarquer
et de mettre en uvre un état-major embarqué pour une opération
nationale ou multinationale.
Les frégates
Véritable épine dorsale de la marine, les frégates contribuent
à la maîtrise du milieu aéro-maritime, garantissant la liberté
daction sur mer ou à partir de la mer. Elles sont spécialisés
en fonction du type de menace et ont pour vocation première lescorte
de forceS(groupe aéronaval, groupe amphibie, sous-marins et le
cas échéant, navires de commerce).
Les huit frégates de lutte anti-sous-marine ont pour mission
principale la protection de la force océanique stratégique et
du groupe aéronaval contre la menace sous-marine. Elles
disposent toutes de sonars remorqués et dhélicoptères.
Elles sont également dotées dimportantes capacités de
lutte anti-navire et dautodéfense antiaérienne.
Les avisos A-69 sont plus spécialement adaptés à la lutte
contre les sous-marins classiques, en particulier par petits
fonds. Laccroissement du nombre des sous-marins dans les
marines secondaires, et le développement au cours de ces dernières
années des actions menées de la mer vers la terre donnent toute
leur importance à ces unités.
Les trois frégates antiaériennes sont destinées à assurer la
protection des forces maritimes, essentiellement le groupe aéronaval,
contre les missiles et la menace aérienne. Elles disposent à
cette fin de missiles Tartar (Jean Bart et Cassard) ou Masurca
(Duquesne) et dhélicoptères de lutte anti-navire (Jean
Bart et Cassard). Elles sont en mesure de participer à la défense
aérienne d'une portion de zone terrestre, en coopération avec
les moyens basés à terre.
Les cinq frégates de type La Fayette sont conçues
principalement pour préserver et faire respecter les intérêts
de lÉtat sur les espaces maritimes outre-mer et pour
participer au règlement de crises hors dEurope. Elles
peuvent ainsi être amenées à assurer dans ce cadre le soutien
dune force dintervention, la protection du trafic
commercial, des opérations spéciales ou des missions
humanitaires. Ces navires sont dotés dhélicoptères de
lutte anti-navire Panther.

Les bâtiments de guerre des mines
Les unités de guerre des mines doivent maintenir un accès libre
et sécuriser les grands ports français. Elles assurent la sécurité
et laccès des SNLE(sous-marins nucléaire lanceurs
d'engins) à leur base de Brest et SNA (des sous-marins
d'attaque) à Toulon. Elles doivent également en cas de menace
particularisée, être en mesure de maintenir laccès
simultané à un port de la façade Manche-Atlantique, à Toulon
et à Marseille-Fos et tenir des forces prêtes à assurer le
libre accès aux ports alliés.
Les unités des guerre des mines ont vocation à être projetées
au sein d'une force lorsque les opérations se déroulent à
proximité de côtes plus sensibles aux risques
"mines". En temps de crise, elles peuvent donc uvrer
au sein d'une force dans un cadre national mais aussi interallié
ou international.
Dans le cadre de leurs missions de service public, les unités de
guerre des mines portent assistance aux navires civils ou
participent aux recherches d'épaves.
Pour participer à ces missions, la force daction navale
compte 1100 hommes qui arment :
- treize chasseurs de mines équipés du matériel nécessaire à
lidentification dengins posés sur le fond et à leur
neutralisation
- trois groupes de plongeurs-démineurs intervenant en zone peu
profonde. Ils sont embarqués à bord de bâtiments-bases de
plongeurs-démineurs
- des bâtiments remorqueurs de sonars, pour la surveillance des
abords de Brest
- un bâtiment de commandement et de soutien.
Les bâtiments de souveraineté
Ces bâtiments sont principalement dédiés aux missions de
sauvegarde des approches maritimes et en particulier à l'action
de l'Etat en mer.
Les six frégates de surveillance ont pour mission la
surveillance des espaces océaniques, le contrôle de la zone économique,
la police de la navigation et la Surveillance des pêches. Elles
sont destinées à opérer outre-mer et dans les zones à risques
limités. Cinq de ces frégates sont actuellement basées
outre-mer.
Les patrouilleurs de la gendarmerie maritime contrôlent en métropole
ou outre-mer, en collaboration avec les moyens des autres
administrations (affaires maritimes, douanes), lapplication
des lois et le maintien de lordre public en mer.
Les cinq bâtiments de transports légers (BATRAL) conduisent,
outre des opérations amphibies, des missions de ravitaillement
dans les DOM/TOM.
Les bâtiments de soutien
Les bâtiments de soutien assurent la permanence des forces
navales dans leur zone de déploiement, quel que soit léloignement
de leur base.
La force daction navale comprend quatre bâtiments de
ravitaillement.
Ils sont intégrés aux groupes tactiques. Les ravitailleurs
effectuent des norias entre les ports de ravitaillement et la
force navale qui peut ainsi opérer pendant des mois. Le
ravitaillement à la mer permet le transfert de vivres, d'eau, de
combustible, de pièces de rechange, de munitions et aussi de
courrier.
La force daction navale compte également un bâtiment-atelier
polyvalent, le Jules Verne, dont la mission principale est le
soutien technique dune force aéronavale et/ou amphibie déployée
hors du port base. Il a aussi la capacité de compléter le
soutien apporté par des organismes à terre.
Les bâtiments hydrographiques et océanographiques
Un bâtiment hydro-océanographique et quatre bâtiments
hydrographiques assurent aussi bien des missions de service
public en matière dhydrographie générale et dinformation
nautique, que des missions de recueil de données denvironnement
marin nécessaires au déploiement des forces navales et à lemploi
de leurs systèmes darmes.
Ces bâtiments opèrent au profit du service hydrographique et océanographique
de la marine (SHOM).
Enfin, le bâtiment dessais et de mesures Monge a pour
mission lévaluation et le développement des performances
des systèmes darmes, en particulier de dissuasion.