Les Forces sous-marines

Un peu d'histoire

Dès la fin du dix-neuvième siècle la marine, notamment avec le Gymnote en 1887, a commencé à se doter de submersibles. Au début du vingtième siècle, une flotte d'une vingtaine de sous-marins existait déjà. Ces unités jouèrent un rôle important en Méditerranée au cours de la guerre de 1914-1918. Atteignant quatre-vingts unités à la veille de la deuxième guerre mondiale, les sous-marins français, le Rubis et le Casabianca en particulier, accomplirent d'efficaces actions durant ce conflit.

Les années cinquante virent ensuite la reconstitution des forces sous-marines, avec l'admission au service actif des sous-marins de type Narval, Aréthuse et Daphné.

Enfin, une étape capitale dans le développement des forces sous-marines intervint en 1959, avec la décision de doter la France d'une force de dissuasion qui lui soit propre et dont la composante sous-marine serait un des piliers.

Les Forces sous-marines aujourd'hui

La marine nationale met en oeuvre des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, SNLE, et des sous-marins nucléaires d'attaque, SNA. Avec la force océanique stratégique (FOST), elle détient la responsabilité de la mise en oeuvre de la composante principale de l'outil de dissuasion.

La dissuasion nucléaire est un fondement essentiel de la défense de la France. Elle constitue l'ultime garantie contre toute atteinte à nos intérêts vitaux, quelles qu'en soient l'origine et la forme. La présence permanente d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins à la mer, deux si nécessaire, garantit en tous temps la possibilité d'exécuter une frappe nucléaire.

Le SNA est à la fois les yeux, les oreilles et les poings d'une marine ayant acquis un haut niveau technologique. Renseignant, éclairant, pistant, il est un outil irremplaçable de la puissance navale française dans le monde.

Les forces sous-marines, dont l'état-major se trouve à Brest, sont placées sous l'autorité d'un amiral, commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique (ALFOST). 3 800 marins et civils servent en leur sein.

En clair…

- Le SNLE, Sous-marin Nucléaire Lanceur d’Engins est un sous-marin à propulsion nucléaire et armé de missiles nucléaires.
- Le SNA, Sous-marin Nucléaire d’Attaque est un sous-marin à propulsion nucléaire armé de torpilles classiques

Les forces sous-marines

- 3 800 civils et marins dont environ 2 000 membres d’équipages des sous-marins
- 4 SNLE – SNLE/NG (basés à Brest)
- 6 SNA (basés à Toulon)
- un état-major à Brest
- l’ESNLE – Escadrille des sous-marins lanceurs d’engins (pour le maintient en conditions des 4 SNLE)
- l’ESNA – Escadrille des sous-marins d’attaque (pour le maintient en condition de 6 SNA)
- la base opérationnelle de l’île Longue (pour la maintenance des bâtiments et le conditionnement des missiles)

Les bleus et les rouges

Chaque sous-marin est armé par deux équipages : un équipage bleu et un équipage rouge qui travaillent en alternance. Ainsi le sous-marin conserve une disponibilité maximale. Lorsqu’un équipage est en mer à bord du sous-marin, l’autre est à terre. Chaque équipage suit un cycle où se succèdent les périodes d’entretien, d’entraînement, de patrouilles et de vacances, appelées permissions dans la Marine.

5 semaines
d’entretien / soutien
9 semaines
de patrouille en mer
6 semaines
de permission
6 semaines
d’entretien / soutien …
6 semaines
de permissions
6 semaines
d’entraînement
5 semaines
d’entretien / soutien
9 semaines
de patrouille en mer…

Équipage SNA : 70 personnes
Équipage SNLE : 128 personnes
Équipage SNLE/NG : 110 personnes

Etre sous-marinier requiert de solides aptitudes, non seulement professionnelles mais aussi psychologiques. Lors des missions en mer, qui durent environ 9 semaines, les sous-marins ne font pas surface. Les sous-mariniers sont donc également sélectionnés en fonction de leur qualités relationnelles et stabilité émotionnelle.